Les Nouvelles Orientations du Salon d'Automne
par André VIGNOLES, artiste peintre, Sociétaire du Salon d’Automne, membre du Comité et Président honoraire des Amis du Salon d’Automne 


Le ministère de la Culture nous a proposé de participer à un salon unique, le « Salon des Salons », au Grand Palais, au mois de mars 2006. Cette manifestation regrouperait, sur 12.000 m2, six à huit salons historiques : Automne, Artistes Français, Indépendants, Nationale des Beaux-Arts, Comparaisons, Dessins et Peinture à l’eau, peut-être Réalités Nouvelles…

Le jeudi 16 juin 2005 à 15 heures, le Comité du Salon d’Automne s’est réuni au Grand Palais pour décider de sa participation à ce projet, ou de son refus.

Au cours d’un débat très animé et très sincère dans lequel chacun des participants a pu exposer et développer ses convictions et ses arguments, il est apparu que « La chance historique » d’un retour au Grand Palais en 2006 était une illusion et un leurre pour de nombreuses raisons :
- Le coût de la participation non défini ;
- La surface accordée au Salon d’Automne, non plus au prorata du nombre d’exposants (ainsi les Indépendants qui présentent le double d’exposants, auraient le double de la surface qui nous serait attribuée ?…) ;
- La fatigue des visiteurs devant arpenter 12.000 m2, et leur extrême confusion dans la perception des formes présentées ;
- Le désarroi des artistes exposant habituellement dans plusieurs salons, obligés d’en choisir un seul, et les perturbations ainsi engendrées dans chacun des salons ;
- La perte pour le Salon d’Automne de sa spécificité de salon ouvert à toutes les disciplines artistiques, et l’arrêt immédiat de son dynamisme actuel en vue de revenir aux motivations de ses origines, englobant la poésie, la musique, le théâtre…, dans sa manifestation annuelle ;
-
 La date inadéquate proposée d’un Salon d’Automne…en mars ;
-
L’entrée dans un processus désiré par l’Etat d’un salon unique ;
- Enfin, dernier argument irréfutable, l’impossibilité matérielle totale d’organiser un Salon en mars, quatre mois après le Salon d’octobre 2005.

l est certain que la limitation de la surface entraînerait par nécessité l’élimination par le jury d’environ la moitié des participants habituels.


André Vignoles

Le Grand Palais

En revanche, le Salon d’Automne, refusant le flou du Grand Palais, et gardant son autonomie (le ministère s’étant engagé à verser sa subvention quel que soit notre lieu d’exposition), peut tenter de se perpétuer, et même de devenir, avec l’aide des artistes, le salon de pointe qu’il a été dès 1903 lors de sa création.

A la suite de notre débat, le vote à bulletin secret, soit « oui » pour le retour au Grand Palais en 2006, soit « non » contre le retour dans les conditions proposées par l’Etat, a accordé 24 voix au « non » contre 4 voix au « oui ».

Après un vote aussi net, nous vous prions de croire, cher(e) Sociétaires et Amis (e) du Salon d’Automne, que nous avons essentiellement pensé à vous qui aimez exposer et admirer les artistes du Salon d’Automne.

Nous avons besoin de votre confiance et de votre appui. Pour cela présentez-nous vos belles œuvres et vous amateurs d’art venez avec vos amis(e) à l’exposition, pour que le Salon d’Automne, face à la vacuité de l’art contemporain officiel, qui s‘effondrerait immédiatement sans le soutien de l’Argent, puisse au contraire, en déjouant le piège qui l’amoindrirait, s’affirmer comme une source vive tournée vers l’avenir.


Association les Amis du Salon d'Automne de Paris