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Fasciné par cette thématique qui a constitué une des trames de mon existence, je vais essayer de délimiter avec précaution des zones d’interactions afin de mieux comprendre et diffuser leurs valeurs communes.
La médecine est « l’ensemble des connaissances scientifiques et des moyens mis en œuvres pour la prévention, la guérison et le soulagement des malades ».
L’Art, issu étymologiquement du latin ars artis et du grec artuein, est d’emblée une manière d’être et d’ agir qui s’oppose à inert, sans vie. L’art est un concept qui va de l’ individuel au général, de l’habilité manuelle d’un artisan à un ensemble de règles (l’art de l’ingénieur, du vétérinaire…) pour s’élever en un idéal esthétique, sublimant la culture humaine.
Des points communs apparaissent :
- La médecine s’adresse à la Santé et à la vie de l’homme. L’Art est la meilleure manière de vivre.
- La Médecine est un Art, celui de guérir.
- L’Art peut être source de guérison.
L’Idéal de l’Art a été longtemps la Beauté, c’est à dire la splendeur de la vie.
- Venus n’était-elle pas la déesse de la beauté et de l’Amour ?
- Le nombre d’Or, critère de Beauté, est inscrit dans la courbe hélicoïdale de Fibonacci, retrouvée dans le développement du vivant (Nautiles...). Cette courbe est à mettre en parallèle avec la double hélice de l’ A.D.N., base de notre génome.
- La vie est aussi une musique à quatre temps rythmée par les quatre bases puriques et pyrimidiques de notre A.D.N.
- La laideur s’apparente à la dysharmonie, à la souffrance, la destruction et la mort. Elle est le contrepoint de la Beauté et doit être acceptée dans une œuvre d’art, de même que nous sommes invités à surmonter notre « Angoisse de la mort ».
(cf. « La vieille sorcière » de Franz Hals et « Guernica » , où Picasso dénonce les atrocités d’un bombardement. La laideur de la mort est associée à la Beauté du cri de révolte).
L’Art et la Médecine ont des Médiateurs
Le Chaman est dans les sociétés animistes cet être étrange qui plonge en transes dans le monde des esprits pour rétablir l’harmonie entre la Nature et l’homme, pour obtenir une guérison. Ne dit-on pas, qu’il aurait, à la lueur des torches, fait émerger les peintures rupestres ?
Aussi le guérisseur, tour à tour Médecin, Prêtre ou Artiste, n’a-t-il pas chanté, dansé, déclamé ? (S.Hefez)
En quoi l’Art a-t- il pu enrichir le domaine médical ? Qu’ont apporté les hommes d’Hippocrate à la culture artistique ?
- Le Dessin, la Peinture, la Sculpture ont suscité des recherches anatomiques poussées chez un Léonard de Vinci un Michel-Ange, un Géricault.
- La Pathologie humaine a été mise en scène par de nombreux peintres :
- La Polyarthrite rhumatoïde a été identifiée dans le portrait de Marie de Médicis, par Rubens.
- L’Artérite temporale a été peinte par Van Rymersael dans « SaintJérome méditant sur la mort ».
- Le Pied Bot de Ribera montre un enfant fier et digne.
- La femme à barbe du même artiste sous-tend un dérèglement endocrinien important.
- Le paralytique de J.B. Greuze et
- Les Aveugles du fameux tableau de P. Bruggel « la parabole des aveugles » sont des représentations à citer parmi tant d’autres.
- Les dérèglements psychiques ont suscité des témoignages nombreux mettant en évidence des angoisses individuelles et collectives.
- « La nef des fous », de J.Bosch essaie de montrer la décadence des mœurs et la folie humaine alliées à des préoccupations métaphysiques,
- le combat entre Carnaval et Carême, de P. Bruggel est bien connu.
- Les manifestations de la Dépression et du Génie sont visibles dans « Mélancolia I » de A. Durer.
- les « Monomanies » de Géricault ont tenté de saisir et de comprendre des types de maladies mentales.
Citons : « La Monomanie du Jeu », « La Monomanie de L’Avarice ; Le Cri » de E. Munch est l’émergence d’une angoisse profonde qui retentit jusqu’à nous.
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Marcel Mantione
La Psychologie et la Psychanalyse ont tenté de mieux cerner les Artistes, la relation entre leur vie et leurs œuvres et de reconstituer le chemin de la Création.
Elles ont mis en évidence l’importance du « Manque » que chacun veut combler sa vie durant, de « l’inconscient » tout puissant, imprégné des Désirs, de la force du refoulement et de la censure chargée des Interdits parentaux.
L’Art trouve progressivement les ressources psychiques profondes qui émergent comme dans les rêves, les mythes ou les fantasmes, déjouant la censure et se projetant symboliquement sur la surface de représentation de l’œuvre.
L’Art triomphe de nos conflits profonds et de nos angoisses, de nos haines d’un monde intérieur éclaté, pour reconstruire les objets perdus et aimés dans l’unité retrouvée.
L’œuvre, imprégnée de la Victoire de l’Artiste sur lui-même est alors Symbole de Victoire pour Autrui- : Léonard de Vinci, Michel-Ange, Goya, Turner, Toulouse-Lautrec, Renoir, Picasso, Matisse… nous ont montré la voie.
L ‘Amateur d’Art, par la fréquentation des œuvres et la connaissance des Artistes communie avec ces moments intenses. Le « Plaisir Esthétique » est sa récompense, comme le dit Annah Segal.
Les apports de cette compréhension de l’Art sont le ressort de l’Art-thérapie.
Des personnes en état de mal-être (Adolescents, Toxicomanes, Marginaux, Détenus, Malades mentaux), en souffrance psychique, dans l’incapacité de dire leurs conflits, peuvent s’exprimer, se libérer, dans des Ateliers de Peinture, de Sculpture, de Poterie, de Théâtre, de Musique, animés par des Art-thérapeutes.
Ils peuvent ainsi redonner un sens à leurs pensées et à leurs actes, retrouver progressivement une confiance en eux et en leur avenir. Ils se reconstruisent en créant.
Une analyse beaucoup plus détaillée peut-être faite à partir des manques, handicaps, problématiques de certains peintres, ou artistes. Une meilleure compréhension peut en résulter.
Des disciplines, des techniques intégrées à la Médecine peuvent également être, et ont été, utilisées. Elles pourraient donner lieu à d’autres développements.
L’Art et la Médecine sont liés « à vie » dans des préoccupations communes :
- Savoir-être, Pouvoir être et Devenir,
- Rechercher une Authenticité, une Réalité, un Idéal de Vie.
Si l’Art représente une convergence structurante et unitaire, du monde intérieur et extérieur de l’Artiste dans son œuvre, celle-ci rayonne autonome, polysémique, dans le champ culturel de l’ humanité.
Comme l’écrivait H. Von Keyserling, « L’Art est l’expression la plus haute et la plus vivante de la Vie ».
Soyons des témoins éclairés.
Mantione d’Aragon
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